Expatriation·Sytème D

A Rachel

wait

Depuis que j’ai emménagé dans ma nouvelle ville d’Angleterre, j’ai pris réellement conscience de l’étendue de la misère qui règne chez nous. J’ai de la chance/ chaque soir je rentre dans mon chez-moi, au chaud et j’ai un bon lit et à manger qui m’attend. Cette chance, aussi basique soit-elle, n’est pas celle de tous.

Quand je rentre du travail, je croise facilement une petite dizaine de sans-abris dormant dehors par des températures négatives. Bien avant d’habiter ici, j’ai toujours donné les quelques pièces qui traînaient dans ma poche… Puis, en regardant un reportage sur des personnes aidant les SDF, je me suis rendue-compte que vider mes poches comme pour soulager ma conscience n’était pas assez. Je ne pouvais pas donner des pièces à des êtres humains sans m’arrêter pour leur parler. Alors, maintenant, je m’arrête, je prends le temps. Je demande à ces personnes comment ils vont, leurs noms, s’ils ont mangé ou non (dans ce cas, souvent je troque les pièces contre un repas chaud). On se rend vite compte en discutant que le cliché du SDF alcoolique ou junkie n’est pas toujours la réalité.

Il y a quelques semaines, j’ai rencontré Rachel, une jeune femme de même pas 30 ans. Elle habite dans la rue depuis août 2017, mise à la porte de son logement HLM car elle n’entrait pas dans les critères prioritaires (pas enceinte, pas d’enfants, célibataire…). Rachel ne boit pas et ne fume pas. Rachel n’a plus ses parents et aimerait trouver un emploi. Seulement, trouver un emploi sans logement n’est pas facile pour elle… Elle essaie chaque jour de réunir une trentaine de livres pour se payer un air bnb. Cet argent ne comprend même pas ses repas… Quand elle n’a pas d’argent, elle dort dans un parking. La police peut la déloger s’il y a déjà « trop » de SDF dans le même coin. Mon compagnon a recroisé Rachel il y a quelques jours: des junkies lui avait volé son sac de couchage…

Je n’ai pas vu Rachel depuis deux semaines. Entre-deux, je lui ai concocté une petite trousse sur une idée de Coralie.

A 0:58 min

Dans sa trousse, j’y ai mis tout mon coeur mais aussi :

  • des pansements
  • du doliprane
  • du dentifrice
  • du shampoing solide
  • un savon
  • un gel douche
  • une crème pour les mains
  • un baume à lèvres
  • une fourchette en bois
  • une serviette en tissus
  • une serviette de toilette

Cela ne m’a pas coûté, j’ai pris des choses que j’avais chez moi et que je n’utilisais pas. J’emporte cette trousse chaque jour dans mon sac dans l’espoir de revoir Rachel et de  la lui donner. Pour le moment, je n’ai pas encore eu de chance. Du coup, dès que je trouve un petit quelque-chose, j’en profite pour compléter et agrandir cette petite trousse.

Je n’écris pas cet article pour me jeter des fleurs: je ne raconte jamais ce que je fais pour les autres. Quand je fais un geste, je ne cherche aucun merci ni aucune approbation. Je n’ai pas non plus écrit cet article pour culpabiliser quiconque. Mais si ce récit peut vous inspirer et faire une différence, cela me ferait chaud au coeur.

Prenez soin de vous et passez le relais.

2 commentaires sur “A Rachel

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s